Ma première montre.

J’en rêvais depuis longtemps.
Celle que je regardais tout le temps
À toute les fois devant en passant
La vitrine du marchand.

Ça n’était pas n’importe laquelle
Mais c’était pour moi la plus belle
Car ma tête me disait que c’était elle
Qui irait le mieux avec mon côté rebel.

Ma première montre, je l’avais acheté
Avec une paye bien méritée
À travailler toutes mes journées
Au planeur de Nottaway.

C’était une Bulova, une vraie de vraie
Comme mon père le dirait
< C’est celle-là que ça me prenait >
C’était la première fois qu’ensemble on sortait.

À mes amis qui la remarquait.
Ils regardaient comment elle marchait
Car juste à bouger mon poignet
Et voilà qu’elle fonctionnait.

Quand seul avec elle, j’étais
Les tics tacs sans arrêt
Je les écoutais
Car cela m’endormais.

Les aiguilles travaillaient
Jours et nuits sans arrêt.
Et au fil du temps qui passait
Les dates eux aussi changeaient.

C’était une technologie avancée
Pas de batterie à acheter
Et plus jamais besoin de la remonter
C’était ce que m’avait expliqué le bijoutier.

Un bracelet en métal extensible doré
Qui était réversible et fait pour durer
Se faire retourner et souvent étiré
Sans jamais se briser.

Une vitre presqu’incassable
Claire et pas grafignable
Même si frottée sur une table
Elle restait impeccable.

À bien y pensé
De l’avoir acheté
Pour me gâter
Je ne l’ai jamais regretté.

Fière de la porter à mon poignet
Partout où j’allais
Elle me suivait
Et toujours elle reluisait.

Mais par un jour d’automne pluvieux
Elle a m’a fait ses adieux
et depuis loin de mes yeux
à dormir dans le fond de ce lac glaiseux.

En repassant devant la bijouterie
J’avais remarqué une autre montre sur l’établi
Même si elle portait un bel habit
C’était l’autre qui m’avait conquit.

Malgré sa beauté, elle ne pourrait jamais remplacer
Celle que mon cœur avait tant aimée
Car je ne pourrais jamais oublier
Le temps ensemble passé.

RenayRose

© Copyright 2016. Renay Brousseau, tous droits réservés.

L'écriture est mon amie.

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