Archives pour la catégorie écritures générales.

Ne jamais, les oublier.

Durant ces jours de guerre sombres.

Sortaient des ombres

Ces femmes en nombre

Présentent même dans les pénombres.

 

Même sous les sifflements des bombes

Parmi les hécatombes

À la hauteur du mérite qui les incombe

Vêtu de blanc comme des colombes.

 

Malgré elles, de ces guerres, prisonnières

Souvent laissé du front, en arrière

Ces anges de lumières

Comme un baume sur cette misère.

 

Aux seconds rangs, relégués

Mais jamais, de nos mémoires, oubliés

Que sans ces femmes, de leurs vies sacrifiées

À tout jamais serait perdue, notre liberté.

 

De courages et de volontés

Dans leurs cœurs habitaient la fierté

À nos boutonnières pour nous rappeler

Pour au moins, les remercier.

 

Comme les combattants

Derrière elles, laissant

Par amour, leurs parents

Des frères et sœurs pour un moment.

 

De ces corps dans les champs jonchés

Par les armes, blessées

Ces femmes de bonté

Les corps, les soigner.

 

Elles étaient les héritières

De ses hommes en civières

Parfois les dernières

À leur fermer les paupières.

 

Pour ces femmes, aux frontières

De ces guerres

Ou, celles laissées derrière

À se battre contre la misère.

 

Elles ont donné

Corps et âmes sans rien en retour demandé

Pour un instant, leur accorder

Un moment de silence, pour les remercier.

 

RenayRose

© Copyright 2018. Renay Brousseau, tous droits réservés.

Mes premières raquettes.

Douze ans que j’avais
Quand à toutes les fois, qu’il neigeait
Dans ma tête, j’y pensais
Et ça, ma mère, le savait.

Par un beau matin froid et ensoleillé
Elle me dit, qu’elle avait trouvé
Des raquettes mais qu’elles étaient usagées
Mais que pour vingt dollars, on pouvait les acheter.

Au propriétaire, elle avait demandé
Pour un mois, lui garder
Le temps que son grand garçon puisse s’organiser
Pour ramasser la somme indiquée.

Deux jobines que j’avais trouvés
Pour ramasser les sous pour les acheter.
À tous les jours sans cesse y penser
À tous les jours un dollar à lui donner.

À sept heures le matin, je devais l’assister
Et quand la messe terminée
Afin de me remercier
Cinquante cennes me donnait le curé.

Ensuite je devais me dépêcher
Pour au restaurant arrivé
Et la vaisselle, la laver
Pour un autre cinquante cent, ramassé.

Au bout d’un mois, j’avais assez
D’argent d’accumulé
Pour enfin me les payer
Ces raquettes tant désirées.

Mr. Villeneuve me les avait réservées
En plus il les avait toutes nettoyées.
Ensemble nous avons compté
Mon argent durement gagné.

Il m’avait expliqué
Que c’était un Mr. Awashish qui les avait fabriquées
De la même manière que son père lui avait enseigné
Je lui ai dit ‘merci’ avec une poignée de main bien serrée.

Je devais aller à l’école pour étudier
Mais j’étais vraiment déconcentré
Car je ne cessais de rêvasser
À mes raquettes que je venais d’acheter.

Le lendemain matin
J’avais dit à ma mère ‘que je ne me sentais pas bien’
Mais en fait, je n’avais rien
Mais je savais, ce qui me ferait du bien.

Je m’étais chaudement habillé
Pour enfin, faire ma première randonnée
Entrant dans la forêt, seul mais enthousiasmé
Enfin mes premiers collets à lièvres, les installer.

Ce matin, à l’école, je n’y étais pas allé
Car je m’étais dit, que c’était bien mérité
Ce petit congé
Car pendant un mois j’avais si durement travaillé.

Sur la neige immaculée
Les marques des babiches bien imprégnées
Les traces de raquettes comme pour me rappeler
Le chemin de retour que je devais emprunter.

Pendant des années
Elles m’avaient accompagnée
Ici et là dans les randonnées
Moi le petit raquetteur nouvellement initié.

RenayRose
© Copyright 2018. Renay Brousseau, tous droits réservés.

La grande demande

Par un soir d’été
Je lui avais demandé
Et sans même hésiter
Elle m’avait répondu « O.K. »

Après sa confirmation
J’avais pris les Informations
Pour la préparation
De faire dans ma vie, ce grand bond.

Je devais y trouver
Un endroit pour où loger
Pour commencer
Une place pour me reposer.

Des dépenses imprévues
Si inattendues
Qu’un emprunt, il a fallu
Pour couvrir ces encourues.

De son côté
Plusieurs boîtes empilées
Prêtent à être déménagées
Car bientôt dans un nouveau nid, elle devra aménager.

Les amis et la famille l’avaient assisté
Pour sa nouvelle vie qu’elle allait embrasser
Mais malgré, à tous les jours travailler
En attendant cette date pour y être convoquée.

Pas d’invités, ça sera mieux
Et beaucoup moins dispendieux
Surtout pour à cette vie, faire nos adieux
Devant le juge, nous serons que nous deux.

Enfin les papiers
étaient enfin arrivés
Pour nous annoncer
Le jour qu’ils faillaient s’y présenter.

Arrivé au palais de justice
Seul sans ma complice
Je me souhaitais bonne chance avec mes doigts en X
Je revoyais tout dans ma tête comme un scénariste.

En retard un peu elle arriva
Avec nos pas pressants, on se dépêcha
Arrivé dans la grande salle on remarqua
Qu’il y avait beaucoup de gens qu’on ne connaissait pas.

Le juge par nos noms devant lui nous invitant
À signer ces fameux documents
Mais seulement
Si tous les deux, on était consentant.

Tous les deux à sa demande on avait acquiescé
Et les papiers
Au bas de la page bien signé
Pour ensuite avec son sceau, bien la marquer.

Il prit la parole et dit
« Devant ces témoins présents ici,
Je vous déclare divorcer pour la vie
Et bonne chance à vous deux, les amis. »

Ce fût le plus beau jour de ma vie
Et sur ma moto, vers le soleil couchant, je suis parti
Sans regret aucun, ma vie entre mes mains je l’avais repris
Et encore aujourd’hui, à la vie je souris.

Depuis tous les deux, chacun de nos cotés
Nous avons de nouveau retrouvé
Une personne pour nous accompagner
Sur le parcours de nos vies à toujours espérer.

RenayRose

© Copyright 2018. Renay Brousseau, tous droits réservés.

La tentation

Je devais avoir autour de treize ans
Seul avec elle dans un coin, me tenant
J’étais encore une fois hésitant
Mais à la regarder, s’était tentant.

Très près d’elle, j’étais
Même les yeux fermés, je la sentais
Quand vers moi, elle venait
La forme de ses dessins, je remarquais.

Dans ma tête à imaginer
Qu’un jour avec mes doigts, je pourrai
Sur tout son long, la caresser
La langue sur mes lèvres, les humecter.

La tentation en moi augmentait
À chaque fois que je la voyais
Danser en rond sans arrêt
Comme un message qu’elle m’envoyait.

Une autre fois au restaurant
En équilibre sur la table se tenant
Même si cela était tentant
J’étais toujours hésitant.

Mais un soir, seul avec elle sous le pont
J’étais venu à un doigt de perdre la raison
Et dans l’air on pouvait sentir la tension
Que me procurait cette tentation.

Je n’avais pas encore osé
Sur mes lèvres,la poser
Mais du bout de mes doigts, oui je l’avais caressé
Mais de plus en plus, j’étais tenté.

Par un soir d’été
D’un pas enfin décidé
Avec mes doigts pour lentement dézipper
Et enfin de pouvoir la caresser.

La tentation avait ce soir là, gagné
Enfin j’avais trouvé
Comment l’allumer
Car je ne pouvais plus y résister.

Entre mes lèvres enfin y goûter
Pas trop encore habitué
Un peu étourdi que je m’étais retrouvé
Mais avec le temps, ça fini par passer.

Au début de notre relation
Il faillait faire attention
Pour ne pas me faire prendre, comme de raison
Sinon de mes parents, j’aurais eu une bonne leçon.

Je faisais toujours cela en cachette
Et pour moi pas de raison pour que j’arrête
Même durant les soirées frettes
Pour moi elle était toujours prête.

Notre co-habitation dure depuis près de 47 ans
Et aujourd’hui encore c’est gênant
Surtout devant des gens
Qui nous regardent en passant.

D’avec elle, j’essaie de divorcer
Mais la tentation me dit qu’encore avec elle je pourrai
Et la raison me dit, qu’au cimetière sans elle, je me retrouverai
Si cigarette après cigarette, je ne cesse de les allumer.

RenayRose

© Copyright 2018. Renay Brousseau, tous droits réservés.

Mon premier tour du monde.

En mille neuf cent soixante sept
Entre mes mains déjà un nouveau concept
Pour étudier et ou visiter notre belle planète
Surtout durant les journées trop frettes.

C’était un instrument déjà pour son temps avancé
Car on pouvait y voir les images en 3-d
Sans trop avoir à se déplacer
Juste au centre, la roulette, la placer.

À dix ans, j’avais déjà exploré
Certaines merveilles du monde qui me faisaient rêver
La muraille de Chine m’avait impressionné
Mais encore plus les soldats géants dans le roc sculptés.

En France, la tour Eiffel toute illuminée
Et l’arche de triomphe des champs d’Élisée
Ou bien, des gens sur les terrasses, amicalement à bavarder
Et que dire de ces grands jardins multi-colorés.

Quand j’avais visité l’Égypte et ses pyramides
Le sphinx, ce géant gardien encore timide
À ses pieds des dunes formées sur une terre aride
Où le Nil jusqu’en Afrique était mon guide.

Les contrées sauvages
Qui formaient ces beaux paysages
Tous ces animaux qui rendaient hommage
Même ceux qui vivaient dans les marécages.

Plusieurs petits villages
Tout au long de son rivage
Où les gens en costumes fait avec des plumages
Probablement de génération en génération comme héritage.

Quand j’avais vu dans un grand désert
Des lignées de chameaux avancer sur ce point de repaire
Un oasis perdu au milieu de cette terre
Coloré d’un peu de bleu et de vert.

J’avais remarqué l’étoile que les rois mages avaient suivie
Dans un ciel de la grandeur de l’infini
Sous lequel ils avaient sans arrêt marché jour et nuit
Ces images dans ma tête encastrées pour la vie.

Mais le plus beau des voyages que j’avais réalisé
C’était quand le Canada, je l’avais traversé
De l’ouest en passant par les rocheuses, quelle beauté
Et que dire de ces plaines à l’infini de tous côtés.

Mais les plus grandes natures à découvrir
Étaient les quatre saisons que je pouvais en un instant parcourir
Et qui me donnait l’impression en moi d’appartenir
À la plus belle création entre ses mains pour la tenir.

Cette terre,  l’amour de mon enfance
Où tant de souffrances
Et malgré bien souvent des malchances
Modelée avec cette seule évidence.

Qu’un jour ses habitants
Au travers du temps deviendront ses résidents
Où par milliers ses enfants
Un jour, en 3-D pourront voyager en attendant.

De mes yeux, vu, j’avais
Et déjà à dix ans, je savais
Qu’un jour, je voyagerais
Dans le quotidien de ces images, oui, j’y étais.

RenayRose

© Copyright 2017. Renay Brousseau, tous droits réservés.

Mon premier radeau.

Près de la rivière des Peupliers
Il y avait des faux-trempes en bonne quantité
Sur la rivière en serpentin, on voulait y voguer
Pour naturellement, s’y aventurer.

Comme nous étions encore dans nos idées, enfantin
Sur la glaise on avait fait un dessin
D’un radeau pour aller au loin
À l’aventure car c’était notre première idée du matin.

Moi et mon ami, chez nous nous sommes allés
Pour trouver les outils et accessoires pour le fabriquer
Une scie, un marteau et des clous tous rouilles
Ainsi qu’une feuille de plywood pas mal maganée.

Ces arbres, des géants, qu’ils étaient
C’était à l’ombre de leurs feuillages qu’on le ferait
D’en avant en arrière le sciotte voyageait
Pendant que nous à grosse goutte on suait.

Dans le milieu de l’après-midi
Enfin on l’entendit
Gémir comme une bête dans le piège de la scie
Et du creux de l’arbre son dernier souffle, on l’étendit.

Le tronc sur la rive
Des feuillages à la dérive
Avec l’heure déjà tardive
Dans nos corps de jeunesse, une journée plutôt active.

Notre projet, demain on le continuera.
Quand le lendemain j’étais arrivé, mon ami y était déjà
Des longueurs encore et encore, on en scia
Quatre morceaux de 10 pieds, qu’on mesura.

Ensemble on les attacha
La feuille de bois, on la cloua
Et même si très fort le radeau on le poussa
Vers la rivière pour y aller, il ne voulait pas.

C’est du renfort que ça prend
Alors à Ghislain on demanda car lui, il était grand
Et même avec des Ho Hisse et des élans
Le radeau en peuplier était comme un socle de ciment.

D’autres jeunes étaient venus pour nous voir
Avec eux je me suis dis,  »enfin on va pouvoir
Le mettre à l’eau avant ce soir »
Après quelques efforts, on avait tous crié  »victoire ».

Éphémère que ça avait été
Car à l’eau il n’avait pas longtemps flotté
Peu de temps après, il commença déjà à couler
Là, notre tête on se l’était sérieusement gratté.

Les autres avaient bien rient de nous
Les deux flans mous
Un peu découragé, la tête basse on retournait chez nous
Et à mon père je lui avais conté, l’histoire jusqu’au bout.

C’est là qu’il m’avait expliqué
Que les peupliers
D’eau bord en bord étaient imbibés
s’était le pourquoi qu’au fond il avait coulé.

Après toutes ces difficultés
Pour rien en résulter
Nous, on voulait juste sur l’eau voyager
Avec une autre essence, il fallait tout recommencer.

Près de la rivière à côté de chez Todd
Deux gamins avec leurs méthodes
Qui étaient passé mode
Se sont fait des signes avec leurs mains comme des codes.

Cela voulait tout simplement dire,  »bye mon ami »
Et ensemble on avait rit
De l’aventure de cet après-midi
Mais demain, on fera autres choses, qu’on s’était promis.

RenayRose
© Copyright 2016. Renay Brousseau, tous droits réservés.

Notre première télévision

Seule dans le coin du salon
Elle attirait toute mon attention
De moi le petit garçon
Et du reste de la famille comme de raison.

Debout au garde à vous
Sur ses jambes d’acajou
Avec ses souliers cuivrés
Sur le plancher ciré.

Quand pour la première fois je l’avais allumé
Une petite lueur centrée
Sur son verre fumé
Essayait de m’hypnotiser.

Soudainement enfin
Apparu la tête d’indien
Avec mes grands yeux de petit gamin
C’était le rituel du samedi matin.

La première émission qui jouait
C’était Pépino avec son cheval qui trottait
À chaque semaine c’était
Une nouvelle aventure que je regardais.

La télévision
Toujours dans le coin sans poser de questions
Le samedi soir, mon père regardait son émission
C’était le hockey comme de raison.

Mais le dimanche soir
Toute la famille attendait de voir
Les jeunes talents Catelli et des fois à nous émouvoir
Ça prenait des papiers mouchoirs.

Et que dire de la première télécommande utilisée
Mon père l’appelait, Renay
 »Renay, change le poste de la TV »
 »Renay, le son, va le baisser »

RenayRose

© Copyright 2016. Renay Brousseau, tous droits réservés.