L’hameçon.

Douze ans que j’avais, moi le petit garçon
Quand un jour, durant la belle saison
À sec d’appât pour attraper des poissons
Les mains vide, je retournais à ma maison.

Seul assit dans le salon
Avec dans ma tête, la déception
De savoir, qu’un brochet de trois pieds de long
Nageait toujours dans la rivière sous le pont.

J’avais donc décidé
Après y avoir bien pensé
Que j’irais au magasin pour la trouver
L’hameçon magique pour enfin l’attraper.

À la quincaillerie du village
Comme un pécheur en apprentissage
Je marchais la section de pêche de long en large
Quand soudainement sous l’éclairage.

Accrochée au mur, j’avais remarqué
L’hameçon à la barre chromée
Dans tous les sens dessus la lumière était reflétée
À cause du rouge et blanc coloré.

Deux dollars était le prix indiqué
Dans la poche de ma veste carrelée
Un dollar et trente sous bien compté
Déçu de savoir de si peu en manquer.

Une petite voix, me dit ceci
« Va chez Monsieur Boudreau, mon Renay
Tonds sa pelouse et avec l’argent gagné
Tu en auras assez. »

C’était une bonne idée, que je pensais
Et comme pour partir, je m’apprêtais
Une autre petite voix en dedans, me chuchotait
« Prends la et fait comme si rien n’était. »

Un peu embêté
La tête à me gratter
Pendant que l’hameçon à la regarder
À encore à me demander.

Comme je n’étais pas un voleur né
Tout autour secrètement,  j’avais regardé
En me demandant, qui des deux, je devais écouter
La facilité ou bien celle qui me disait de travailler ?

Pas facile à faire le bon choix
Surtout que c’était pour moi la première fois
Et dans ma poche je me croisais les doigts
Quand la voix encore me dit « prend la, elle est à toi. »

Tout autour partout, j’avais regardé
Et le commis n’était pas dans l’allée
Donc j’avais décidé rapidement du mur de la décrocher
Et subtilement à l’intérieur de ma veste de l’accrocher.

Hypocritement
Vers la porte de sortie, je marchais lentement
Nerveusement
C’était trop évidant.

Monsieur Paradis
Était le principal commis
De la quincaillerie
Et le moment propice, patiemment, il l’attendit.

Juste comme pour partir, je me préparais
Une grosse main sur mon épaule se posait
Et d’un ton paternel,  il m’avait dit « l’hameçon tu me la remets
Ou à Lucien, je vais lui dire car je le connais. »

La peur m’avait par la gorge agrippé
Juste une minute à penser
Qu’à mon père il aurait pu lui en parler
Et c’était sur que là je me serais fait corriger.

De ma veste,  je l’avais décrochée
Pour lui remettre sans même hésiter
Mais je lui avais supplié
« Dites le pas à mon père par pitié. »

Comme Monsieur Paradis
Avait des enfants aussi
Il m’avait dit ceci
« Tiens prends la, mais tu dois me la payer avant vendredi. »

Ç’avait été une belle leçon dans ma vie
Que rien n’était et n’est toujours pas gratuit
Et le soir avant de me coucher, j’avais pensé à lui
Que malgré, avec moi, il avait été gentil.

Avant le vendredi
Son argent, je lui avais remit
C’était un homme de parole ce monsieur Paradis
Car jamais à mon père,  il ne lui avait dit.

RenayRose

© Copyright 2017. Renay Brousseau, tous droits réservés.

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