L’antiphlogistine.

L’odeur envahissait une partie de la maison
Car la chambre de mes parents était à coté du salon
Mais ça sentait bon
Mais plus fort dans sa chambre comme de raison.

Ma mère travaillait au restaurant
Comme serveuse, elle en avait des clients
Sur les heures de pointes, des vas et viens
Malheureusement au bas de son dos, toujours présent ses points.

S’était à la hauteur des reins
Car le plateau à la hauteur de ses seins
Bien balancé entre ses mains
Jours après jours s’était le même refrain.

Quand la journée était enfin terminée
À la maison elle avait hâte d’arriver
Pour le souper le préparer
Car de l’école les enfants allaient bientôt entrer.

Pas de repos tant que le repas n’était terminé
Car en plus, la vaisselle, la laver
Dans l’armoire et le frigo, tout ranger
Et la table toujours, la nettoyer.

Maintenant au tour des devoirs
Des leçons interminables avec les enfants, à revoir
La même routine soir après soir
Sans vraiment prendre le temps de s’asseoir.

Préparer les enfants pour rencontrer Morphée
La déesse du sommeil qui bientôt devait la relayer
S’assurer que leurs vêtements étaient préparés
Car le lendemain s’était encore tout à recommencer.

Même quand le silence enfin envahissait la maison
son mal de dos lui, persistait comme de raison
Une chance qu’elle avait un grand garçon
Pour étendre sur son dos cette fameuse lotion.

L’antiphlogistine partout sur mes mains
Je l’étendais surtout à la hauteur de ses reins
Car elle en avait de besoin, ça s’était certain
Parce qu’elle avait zéro d’entrain.

L’odeur forte et persistante, errait partout
Jusqu’à la cuisine itou
Il ne fallait pas que mes yeux je les frotte surtout
Car je pense que je serais devenu aveugle sur le coup.

Mes mains devenaient blanches et gommées
De cette crème que j’avais avec effort appliquée
Gommante et difficile à laver
Mais le pire s’était que sur ma peau, l’odeur restait collée.

Pour elle s’était ça relaxé
Un peu comme une gâterie tendrement appréciée
Elle semblait être soulagée
Et avant de s’endormir, un mot croisé à terminer.

Toute ma vie je vais m’en rappeler
De ce tube blanc et vert coloré
De cette crème de l’avoir appliqué
Sur le dos de ma mère adorée.

RenayRose

© Copyright 2016. Renay Brousseau, tous droits réservés.

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