Daniel le prospecteur.

Je me rappelle encore de le voir travailler
Une bière froide à grosses gouttes suer
Un cendrier plein à craquer
Entre sa main un crayon bien aiguisé.

Sur la table de cuisine tout étendue
Elle se laissait tatouer par lui bien entendu
Une boussole pour ne point être perdu
Marquait les < claims > sur ses routes parcourues.

Daniel l’explorateur concentré
Comme un artiste devant son œuvre point achevée
Mais que seulement lui pouvait déjà imaginer
Où l’or sous ses pieds était bien caché.

Avec sa loupe comme assistante
À tracer ses lignes entre…
Ces endroits qui dans sa tête toujours le hantent
Mais jamais sa main n’était hésitante.

À ses côtés sa progéniture un jour à le remplacer
Pour continuer son travail point terminé
Sous la mousse dans la forêt encore cachée
De ce trésor tant désiré.

Ses plus vieux, Viateur, Albert, Léo et Laurent, à essayer
De déchiffrer leurs notes du calepin un peu fripé
Lui dicter les terrains qu’ils avaient explorés
En forêt dans des endroits loin du monde civilisé.

L’importance que la carte soit bien marquée
Était primordiale pour bien planifier
L’endroit ou leur tente serait pour un mois ou plus installée
Et la ligne à couper dans cette contrée sur la mappe déjà tracée.

Encore de nos jours à marcher en forêt
On peut par hasard tomber sur un piquet
Qui nous indiquerait
Le nom du prospecteur qui l’avait fait.

Pour eux la chasse au trésor
Était ouverte partout dans le nord
Même dans l’avion qu’ils montaient à bord
Ils continuaient à rêver à leur grotte de pépites d’or.

Ses autres fils dans ses pas avaient aussi joint les rangs
À la bonne école ils pouvaient apprendre de l’artisan
Et tout comme lui, toutes leurs vies en espérant
Un jour à ses côtés réaliser son rêve d’antan.

Des explorateurs ont écrit leurs aventures dans un cahier
D’autres les ont juste contés
Tandis que certains les ont juste inventés
Mais Daniel lui, ses mappes ils les avaient marqués.

Des jours, des mois et durant des années
Le nord et ses frontières à les explorer
Sur les rivières des journées à pagayer
Et sur ses berges des nuits pour un instant se reposer.

Mais quelle fierté, il avait
De voir ses fils qui le suivaient
Dans ses ornières partout où il allait
À la recherche de son Graal dont il rêvassait.

Jamais je ne m’étais lassé
À le regarder sur ses mappes travailler
Un jour, un cadeau il m’avait donné
Un crayon spécial maintes fois par lui utilisé.

D’avoir hérité de lui ce cadeau
Cela avait flatté mon égo
Sur du papier déjà j’associais des mots
Car comme cartographe j’étais un gros zéro.

Daniel était mon grand-père.

RenayRose

© Copyright 2017. Renay Brousseau, tous droits réservés.

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