Le papier brun.

Il fut un temps
Et il n’y a pas de cela si longtemps
Que les couverts des livres d’école des enfants
Étaient soigneusement recouverts par leurs mamans.

Elles achetaient une longueur de quelques pieds
Et croyez moi que rien n’était gaspillé
Car nos mères avaient l’œil bien aiguisé
Et elles savaient exactement où le couper.

Il était impossible de savoir
Si un livre était neuf ou usagé juste à le voir
Il fallait le feuilleter pour savoir
Si le bouquin avait déjà eu une histoire.

Que ça soit un livre de math que j’avais
Ou un de français
Ou même un du cours d’anglais
Tous sans exception, le soir venu, elles les transformaient.

Car avant d’aller se coucher, on les plaçait sur la table
À notre réveil, on voyait que leur travail étaient irréprochables
Serré un peu dans les coins mais encore pliables
Même après une année, ils étaient toujours utilisables.

Ça prenait un doigté d’artiste pour réussir cela
Maintes fois j’avais essayé mais quel dégâts
Les coins courbés vers le haut ou le bas
Et tout le papier que j’avais gaspillé en plus de cela.

Ce papier si lisse au touché
Et de plus pas trop coloré
Car une seule teinte était disponible sur le marché
C’était le brun mais il était de qualité.

Une chose que faisait en plus, ma mère
Elle inscrivait mon nom sur tous les couverts
C’était une délicatesse qu’elle savait faire
Et tout cela à son fils pour lui plaire.

Quoi dire sur les livres d’aujourd’hui
Colorés comme si tatoué pour le reste de leurs vies
Car aucune protection pour ces jeunes manuscrits
Maquillé de couleurs, comme si vivant ils étaient ensevelis.

Mais moi, juste à me rappeler
Comment mes livres étaient si bien habillés
Qu’on aurait dit qu’ils étaient toujours endimanchés
Avec ce papier doux sur ses quarante biens taillés.

C’était une façon pour elles de nous démontrer
Dans leurs émotions en elles bien cachées
D’où l’origine de cette fierté
Comme héritage elles nous avaient partagé.

De nous savoir à l’école en train d’apprendre
Elles auraient tout fait pour nous surprendre
Avec un sourire et leur cœur si tendre
Au matin avec leurs mains les livres nous les rendre.

Déjà presque oublié au fil du temps
Pourquoi nous leurs dirons pas tout simplement
Juste comme ça en passant.
Merci maman.

RenayRose

© Copyright 2016. Renay Brousseau, tous droits réservés.

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