La dame du marais.

Sur la route près d’un marais
que le pont enjambait
Les roseaux entre eux qui se parlaient
Des choses de la vie que pas si bien allaient.

Devant ces grandioses paysages du nord
Même de ma vision, j’en doutais fort
De ne pouvoir du premier regard
D’être capable de tout embrasser, prime abord.

Soudainement, une dame avec un souffle étendit
Une nappe de brouillard venant par ici
Mélangé de blanc et de gris
S’accoster un instant à ma vie.

Une dame de nulle part, sortant
Du brouillard, déchirant
De cette fine toile comme de diamants
Semblait me regarder, moi, l’enfant.

Élevant son torse légèrement vêtu devant moi
Ses bras comme pour m’étrenner, je crois
Encore grandissante, toujours je la vois
Que même le vent se sauva au travers les bois.

Son regard errait sur le pont
Pendant qu’en moi parcouraient des frissons
De le traverser, il en n’était pas question
À vrai dire, je ne me sentais pas bien dans mes pantalons.

Est-ce que je rêvais?
Ou est-ce que j’hallucinais?
À deux mains, la brume, elle la plaçait
Et de tout son long sur le pont, elle installait.

Comme de petits napperons qu’on aurait dits
Autour de petits nuages d’ouates farcis
Pour que tous ces âmes en esprit
Pour un temps du sablier, ce soir réuni.

Mes os envahis par la peur
Car en moi me couvrant de frayeur
J’aurais aimé en cet instant être ailleurs
Quand soudainement par bonheur.

Une auto sortie de nulle part
Sa grande toile coupée par ses phares
Des gouttelettes s’entremêlaient sur le rempart
Et la dame retournait vers son point de départ.

Dans ma petite ville, disons
Que histoire de la dame alimentait les discussions
Et les gens disaient « qu’elle sortait toujours près du pont
Surtout le soir vers huit heure environ ».

Plusieurs personnes, même mon oncle Yvon
Disaient que ça n’était que de la fiction
Mais moi je le savais qu’ils n’avaient pas raison
Car je l’avais vu de mes yeux sur le pont.

À toutes les fois que par là, je repassais
Partout je la cherchais
Mais je le savais
Qu’elle était là, dans le marais.

Après toutes ses années
Des fois encore à me demander
Si ce soir là, j’avais rêvé
Ou si pour de vrai, je l’avais rencontré.

RenayRose

© Copyright 2018. Renay Brousseau, tous droits réservés.

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