La plume.

C’était au primaire que pour la première fois
J’avais utilisé une plume comme jadis les rois
Utilisaient pour signer leurs lois
Ou d’écrire une lettre à qui de droit.

Ma plume était longue et effilée
Douce au touché
Mais avec la pointe, je pouvais me blesser
Et sans crier gare, je pouvais aussi me piquer.

La bouteille d’encre choisie
Dans le coin de mon pupitre un peu aigrie
Un trou spécial pour cette bouteille bleuie
La placer comme je l’avais appris.

De saucer la pointe de la plume dans l’encrier
Et de l’étendre sur du papier
Un nouveau style d’écriture, m’étais présenté
Ou les lettres si fines et de qualités.

C’était comme si les mots venaient de prendre
De la valeur, s’était à s’y m’éprendre
Cette danse avec la plume était si tendre
Que les mots sur le papier se laissaient étendre.

Se déplacer sans déranger
Sur le papier ligné pour me pratiquer
Comme une chorographie bien orchestrée
J’écrivais les mots qui m’étaient dictés.

Souvent fallait la pointe la plonger
Dans l’encrier dans son coin isolé
Pour continuer si possible sans tacher
D’écrire sur les lignes déjà marquées.

Si une tache je faisais par hasard
J’utilisais le papier buvard
C’était stressant mais c’était sans effort
Qu’elle partait sans trop me laisser de remords.

De plus en plus je m’étais amélioré
Durant des heures et des heures sans m’arrêter
Car jour après jour j’avais su persévérer
Pour enfin l’obtenir mon écriture personnalisée.

De devenir meilleur
Même si parfois ma tête était ailleurs
Même si parfois en écrivant j’avais fait des erreurs
Toujours un sourire me donnait le professeur.

Grâce à la plume, l’encrier et le buvard
L’écrivain qui en moi était peu bavard
Composait parfois même durant les nuits, très tard
Des petits poèmes parfois jusqu’à l’aurore.

Les mots avaient fait grandir en moi le petit garçon
Et qu’à cause de mes écrits disons
Souvent sorties des ornières de la tradition
Afin de vous permettre de rêvasser, comme de raison.

RenayRose
© Copyright 2016. Renay Brousseau, tous droits réservés.

Ma première pipe

Dans les années 70 par moi-même il me fallait découvrir
Car n’était pas mes parents qui allaient me le dire
Souvent à l’aventure à la recherche de désirs
Pour enfin de la vie goûter à ses plaisirs.

Je l’avais trouvé, Eurêka que je m’étais dit
Quand je l’avais vu pour la première fois, c’était un jeudi
J’avais longuement examiné son corps et je lui avais souri
Demain je reviendrai que je m’étais promit.

Déjà vendredi et je ne lui avais pas encore demandé
Juste à penser que ce soir je pourrais la caresser
Qu’enfin ma main pourra son corps le tâter
Et que dire de ce trou que j’avais hâte de bourrer.

D’un pas sûr de moi, au comptoir je m’étais approché
Et à la beauté, cette jeune fille enfin je lui avais demandé
Si celle-ci avec ma main je pouvais la toucher?
L’air tout autour me sentait comme un peu parfumé.

Je lui avais demandé
‘’C’était combien une pipe et je n’étais même pas gêné
Elle s’était mise à penser et me dit « $ 20 piastres pour toué. »
Je lui avais répondu « O.K. »  sans trop hésiter.

‘’Est-ce que je te paye en cash ou avec la carte de crédit?’’
Elle m’avait dit  » je préfère le cash, le petit »
« Elle semblait connaître le tabac » que je m’étais dit
Enfin prêt et l’argent je lui tendis.

Sur le trottoir par la main je la tenais
Les lignes de son corps que je regardais
Profondément m’excitaient
Quand enfin au stationnement on arrivait.

Nous étions partis en voiture pour une randonnée
Près de moi sur le siège bien installée
Près d’un lac nous étions allés
Pour enfin seuls se retrouver.

J’étais excité mais un peu embêté
Car je ne savais pas trop par où commencer
Elle était vierge car mon doigt était dur à entrer
Enfin avec mes lèvres, je pouvais y goûter.

Mon doigt pouvait sentir le contour de son trou si doux
Quand j’avais décidé avec ma main de la prendre par le cou
C’était à ce moment que je l’avais allumé car j’en avais vraiment le goût
Mais depuis cette nuit, elle me suit partout.

Ma première pipe que j’avais fumée
Avec ce tabac de qualité
Que je humais car au point elle était bien chauffée
L’odeur rappelait aussi à ma mère celle que son père avait aussi fumée.

RenayRose

© Copyright 2016. Renay Brousseau, tous droits réservés.

Ma première montre.

J’en rêvais depuis longtemps.
Celle que je regardais tout le temps
À toute les fois devant en passant
La vitrine du marchand.

Ça n’était pas n’importe laquelle
Mais c’était pour moi la plus belle
Car ma tête me disait que c’était elle
Qui irait le mieux avec mon côté rebel.

Ma première montre, je l’avais acheté
Avec une paye bien méritée
À travailler toutes mes journées
Au planeur de Nottaway.

C’était une Bulova, une vraie de vraie
Comme mon père le dirait
¨C’est celle-là que ça me prenait¨
C’était la première fois qu’ensemble on sortait.

À mes amis qui la remarquait.
Ils regardaient comment elle marchait
Juste à bouger mon poignet
Et voilà qu’elle fonctionnait.

Quand seul avec elle, j’étais
Les tics tacs sans arrêt
Je les écoutais
Car cela m’endormais.

Les aiguilles travaillaient
Jours et nuits sans arrêt.
Et au fil du temps qui passait
Les dates eux aussi changeaient.

C’était une technologie avancée
Pas de batterie à acheter
Et plus jamais besoin de la remonter
C’était ce que m’avait expliqué le bijoutier.

Un bracelet en métal extensible doré
Qui était réversible et fait pour durer
Se faire retourner et souvent étiré
Sans jamais se briser.

Une vitre presqu’incassable
Claire et pas grafignable
Même si frottée sur une table
Elle restait impeccable.

À bien y pensé
De l’avoir acheté
Pour me gâter
Je ne l’ai jamais regretté.

Fière de la porter à mon poignet
Partout où j’allais
Elle me suivait
Et toujours elle reluisait.

Mais par un jour d’automne pluvieux
Elle a m’a fait ses adieux
et depuis loin de mes yeux
à dormir dans le fond de ce lac glaiseux.

En repassant devant la bijouterie
J’ai remarqué une autre montre sur l’établi
Même si elle portait un bel habit
C’était l’autre qui m’avait conquit.

Malgré sa beauté, elle ne pourra jamais remplacer
Celle que mon cœur avait tant aimée
Car je ne pourrais jamais oublier
Le temps ensemble passé.

RenayRose
© Copyright 2016. Renay Brousseau, tous droits réservés.

L’antiphlogistine.

L’odeur envahissait une partie de la maison
Car la chambre de mes parents était à coté du salon
Mais ça sentait bon
Mais plus fort dans sa chambre comme de raison.

Ma mère travaillait au restaurant
Comme serveuse, elle en avait des clients
Sur les heures de pointes, des vas et viens
Malheureusement au bas de son dos, toujours présent ses points.

S’était à la hauteur des reins
Car le plateau à la hauteur de ses seins
Bien balancé entre ses mains
Jours après jours s’était le même refrain.

Quand la journée était enfin terminée
À la maison elle avait hâte d’arriver
Pour le souper le préparer
Car de l’école les enfants allaient bientôt entrer.

Pas de repos tant que le repas n’était terminé
Car en plus, la vaisselle, la laver
Dans l’armoire et le frigo, tout ranger
Et la table toujours, la nettoyer.

Maintenant au tour des devoirs
Des leçons interminables avec les enfants, à revoir
La même routine soir après soir
Sans vraiment prendre le temps de s’asseoir.

Préparer les enfants pour rencontrer Morphée
La déesse du sommeil qui bientôt devait la relayer
S’assurer que leurs vêtements étaient préparés
Car le lendemain s’était encore tout à recommencer.

Même quand le silence enfin envahissait la maison
son mal de dos lui, persistait comme de raison
Une chance qu’elle avait un grand garçon
Pour étendre sur son dos cette fameuse lotion.

L’antiphlogistine partout sur mes mains
Je l’étendais surtout à la hauteur de ses reins
Car elle en avait de besoin, ça s’était certain
Parce qu’elle avait zéro d’entrain.

L’odeur forte et persistante, errait partout
Jusqu’à la cuisine itou
Il ne fallait pas que mes yeux je les frotte surtout
Car je pense que je serais devenu aveugle sur le coup.

Mes mains devenaient blanches et gommées
De cette crème que j’avais avec effort appliquée
Gommante et difficile à laver
Mais le pire s’était que sur ma peau, l’odeur restait collée.

Pour elle s’était ça relaxé
Un peu comme une gâterie tendrement appréciée
Elle semblait être soulagée
Et avant de s’endormir, un mot croisé à terminer.

Toute ma vie je vais m’en rappeler
De ce tube blanc et vert coloré
De cette crème de l’avoir appliqué
Sur le dos de ma mère adorée.

RenayRose

© Copyright 2016. Renay Brousseau, tous droits réservés.

La femme à la guitare

C’était durant une chaude soirée d’été
que devant cette porte peu éclairée
mon attention était attirée
par une affiche un peu froissée.

Le temps d’entrer de m’asseoir
seul au comptoir
sans y voir grand chose dans ce noir
sur ma montre j’avais remarqué

Qu’il était environ minuit mois quart
quand de l’ombre, comme sortie de nulle part
Une dame avec une guitare
se plaça pas trop loin du bar.

Une lumière apaisante s’était invitée
sur ses épaules comme pour l’accompagner
Pendant que lentement à se préparer
que mon verre, lui déjà rendu à moitié.

Tandis que mon glaçon fondait lentement
elle préparait avec amour son instrument
qui l’accompagnait durant
et avec douceur comme une mère à son enfant.

Elle prit sa guitare orangée
Avec sa main gauche juste à tâter
à faire le premier accord de la soirée
comme pour inviter ses cordes vocales à vibrer.

Au diapason
entre les accords des notes et la chanson
mon corps senti ces vibrations
sans oublier de vous faire mention.

De ces frissons qui par milliers
en moi m’avaient infiltrés
En passant par mes entrailles un peu fripées
et sur tout le long de ma colonne à y danser.

C’était comme si cette chanson était
pour moi car les paroles me parlaient
Et qu’au cœur directement, elles me touchaient
J’aurais cru un instant que la dame me connaissait.

La chaire de poule ne voulant point s’évader
Sur moi était restée
Jusqu’à la fin pour l’écouter
pendant que mes yeux étaient mouillés.

Quand vers elle mon regard un peu perdu
dans la lueur de ses yeux j’avais vu
Une femme vivante avec un sourire comme bienvenue
Comme si juste pour moi, ce soir était venue.

Pour me dire
Avec ses notes mais sans délire
Un message comme pour me décrire
Ma vie à devenir.

Avec sa main sur le manche qui se promenait
pendant que rapidement ses doigts se déplaçaient
on aurait cru qu’avec sa guitare elle s’amusait
comme un duo qui depuis longtemps ensemble travaillait.

Pendant que les cordes vibraient
Sans le savoir, toucha l’âme du garçonnet
Qui en moi encore sommeillait
Pendant que l’histoire, elle la fredonnait.

Ces paroles et ces notes accompagnées
De son regard qui vers moi, étaient dirigés
Comme pour me dire à moi le gars au bar accoudé
< Que la vie valait la peine d’être vécue et aimé. >

À l’écouter surtout ce soir
comme si elle me contait une histoire
Pour me redonner l’espoir
D’encore en la vie, d’y croire.

Merci Sophie
Du Temple de la vie
D’être venue me présenter, ici
Une de tes plus belles mélodies.

RenayRose

© Copyright 2016. Renay Brousseau, tous droits réservés.

À la mémoire d’un champion.

Enfin parmi nous, il était
Celui qui un jour serait
Par ses pairs reconnus car il le méritait
Naturellement si le concours, il le gagnait.

Consacrer son heure de loisir
Au début par simple plaisir
Aussi pour un peu se divertir
Mais sans arrêt, meilleur à devenir.

Des jeux par dizaines testés
Dans la zone réservée
Je veux dire dans sa chambre fermée à double clé
Des heures durant à se pratiquer.

Des journées entières pour essayer
Les codes des trouver
Car dans les jeux secrètement cachés
Avec seulement les boutons sur la manette positionnés.

Sans jamais au désespoir se laisser aller
Persévérer sans au grand jamais se douter
De ce que l’avenir allait un jour lui réserver
S’il continuait ainsi à ses jeux à tant se donner.

Des fois la manette par terre échappée
Des fois presque découragé
Au travers des jeux à ne pas passer
Mais toujours ses manches à les relever.

Ne pas déranger
Quand dans sa chambre pour des heures à essayer
Sauf quand son père lui disait ‘’c’est assez’’
Car s’était l’heure de se coucher.

Son frère avec son caractère un peu aiguisé
Durant des soirées
Assit à ses côtés
À essayer volontairement de le déranger.

À ses jeux passionnés, il était
Il ne s’amusait pas, il travaillait
Dans ses doigts, la vitesse de l’éclair, il avait
De passer d’un bouton à l’autre, on ne le voyait.

De tout faire en même temps
S’était beaucoup demandé pour un enfant
Oui parfois s’était décourageant
Quand à des jeux parfois, il était perdant.

C’était le kid Brousseau
L’as du Nintendo
Un jour à devenir aux yeux de ses amis, un héros
Comme si pour lui s’était de gagner le gros lot.

Enfin le jour J, à grand pas approcha
Sur la feuille de présence, inscrit déjà
Son nom sur le trophée, de le voir, il le souhaita
Pour le concours car il y participera.

Contre d’autres champions, il se mesura
Après la première ronde, il resta
Après la deuxième, malgré il continua
Et à la troisième enfin, grâce à ses points, il le remporta.

Fière de sa participation
Surtout d’avoir été reconnu champion
Par les juges de la compétition
Et moi son père, très content pour mon fiston.

Une partie de sa jeunesse à terminer
Ce qu’il avait commencé
Sans jamais laisser tomber
Par son exemple il nous avait tous montré.

Qu’à force de vouloir
Entre ses mains, il avait le pouvoir
Et la volonté de pratiquer à tous les soirs
S’il voulait un jour avoir la victoire.

Même dans de notre région, l’unique journal
Une photo de lui à la une, s’était originale
Pour un petit garçon tout à fait normal
Disons que ce n’était pas si mal.

La persévérance lui avait été donné
Ajouté la patience qui lui était accordée
De tirer sa révérence si bien méritée
Car dans son adolescence, il venait d’entrer.

RenayRose

© Copyright 2017. Renay Brousseau, tous droits réservés.

Le dernier DONG de la cloche…

Dans une petite ville du nord
Situé au centre du royaume des mines d’or
Deux jeunes avec un plan pas trop fort
Mais jamais n’ont eu de remords.

Il y’avait un couvent
Avec un clocher toujours face au vent
Mais son unique cloche, sonnait assez souvent
Le matin, le midi et au soleil couchant.

Par une après midi en voulant tuer le temps
Les deux jeunes hommes dans la rue errant
Mais en haut vers la tour regardant
Pensaient encore à faire un mauvais coup pendant.

Du cinéma qu’ils venaient
Car un film de Tarzan qui y jouait
Toujours d’un arbre à l’autre qu’il allait
Avec une liane de racine de bois fait.

Donc en passant par là
le câble de la cloche qui se balancinia
Du haut du clocher jusqu’en bas
Par l’escalier de secours les deux l’escalada.

L’autre de pas trop loin en arrière le suivra
Rendu en haut, ils voyaient le paysage jusqu’à là-bas
L’horizon au loin où la ligne se démarqua
De la forêt qui les appela.

Près du clocher, Renay sorti de sa poche
Un couteau plutôt moche
Le manche brisé autrefois par une roche
Et sans trop y penser il coupa la corde de la cloche.

Les deux très fort par le haut l’avaient tiré
D’une longueur d’une trentaine de pieds
Pour ensuite autour l’enrouler
Et à son épaule l’accrocher.

En moins de deux, ils devaient s’échapper
Sans au grand jamais se faire remarquer
par les bonnes sœurs de noir habillées
Ou par mère supérieure par le collet se faire attraper.

Très nerveux ils étaient
Pendant que l’escalier très vite, ils la descendaient
En courant mais toujours par avant ils se penchaient
Pour ne pas se faire voir, ils se dépêchaient.

Rendu en bas, l’adrénaline en eux
Cherchant le chemin le plus court avec leurs yeux
Pour s’évader au plus vite de ces lieux
Et surtout ne pas se faire prendre par la directrice, c’était mieux.

La peur collé à leurs ombres pour ne pas se faire découvrir
Des respirations et très souvent des petits soupirs
Pendant qu’en eux la nervosité se faisait sentir
Quand à toutes jambes vers la forêt ils se mirent à courir.

Sans arrêt
Au grand jamais
Ils ne s’arrêtaient ni se retournaient
Jusqu’à l’orée qu’enfin ils atteignaient.

Même à bout de souffle, pas question d’abandonner
Dans la forêt ils ont dû longuement marcher
Au moins une heure avant au camp d’arriver
Car c’était l’endroit pour notre rêve le réaliser.

Notre cabine par des feuilles assez bien camouflée
Qu’eux seuls savait comment le retrouver
Sans jamais s’égarer
Mais enfin leur jeu pouvait commencer.

Dans un arbre comme un singe, Renay
Jusqu’en haut avait grimpé
Pour la corde solidement à une branche bien l’attacher
Et comme Tarzan les deux s’étaient bien amusés.

D’en avant en arrière se balançant
Des cris très forts comme leur vedette Tarzan
Toute l’après midi en s’amusant
Tout simplement comme des enfants.

De retour au village
Et partout autours dans les parages
Plus un son de cloche pour faire du tapage
Mais je suis sûre que la mère supérieure avait au cœur la rage.

De ne plus être capable, les cloches de les faire tinter
Car la grosse corde tressée disparue du clocher
Mais enfin les voisins pouvaient se reposer
Sans jamais avoir su qui de ces ding dong les avaient libéré.

RenayRose

© Copyright 2017. Renay Brousseau, tous droits réservés.