Le respect entre l’ours et l’homme

Au début des années cinquante
Durant une journée d’été ou c’était plus trente
Mais les forestiers eux, la trouvaient plutôt collante
Car leurs scies à chaîne devenues trop glissantes.

C’était dangereux de les utiliser
Ils avaient préféré de tous arrêter
Et au camp ils étaient retournés
Malheureusement sans être payés.

Mon père faisait bande à part car seul il aimait se retrouver
Et décidait d’aller au crique car il était assoiffé
Du haut de la crête, il voyait la brume qui ne voulait pas monter
Et lentement d’un pas sans trop se presser, décidait de continuer.

À cause de l’humidité qui sur son corps collait
Pendant qu’à grosses gouttes il suait
Dans ce sentier qu’il connaissait
Pour se reposer, parfois il s’arrêtait.

Croyez-moi, lui les sons de la forêt
Il les connaissait
Que ça soit un oiseau qui chantait
Ou d’une perdrix dont ses ailes battaient.

Mais en cette journée ensoleillée
Il n’entendait rien bouger
Même les feuilles des arbres étaient figées
Mais la petite rivière il pouvait l’écouter.

Par le son qu’elle émettait
Il savait que pas trop loin d’elle, il était
Car il y voyait les petites lueurs qui dansaient
Sur son dos de tous les côtés elles se promenaient.

Sur un petit rocher
Il s’était arrêté
Pour une cigarette la brûler
Pendant que ses yeux pouvaient admirer.

Ces paysages de l’Abitibi qui le faisait rêvasser
De sa jeunesse déjà passée
Ou de son coin de pays qu’il a du quitter
Pour ici venir travailler.

Lentement sa descente, il la continua
Quand à la rivière enfin il arriva
Et de son eau il en buva
Quand soudain, un bruit qui ne connaissait pas…

Mais c’était par curiosité quand lentement il se retourna
Il y vit un ours qui était assis dans ses pas
Mon père sans bruit ni fracas
Lentement il se releva.

Il s’était déplacé pour en forêt y entrer
Et l’ours à son tour à commencer à avancer
Pour aller à la rivière pour s’y abreuver
Pendant un instant mon père l’avait regardé.

L’ours s’était retourné comme pour le remercier
Pendant ses dix secondes qui lui avait semblé une éternité
L’ours et l’homme s’étaient respectés
Car leurs esprits avaient prit le temps de se saluer.

Mon père de son côté était reparti vers le camp
L’ours de l’autre côté s’en allait lentement
Mais c’était à partir de ce moment
Que mon père décida qu’en Abitibi il y restera longtemps.

Quand ce fait vécu, il me l’avait conté
Il m’avait dit,  »que les deux s’étaient respectés
Car l’ours aurait pu l’attaquer ».
Mais au lieu, il avait attendu son tour avant de prendre quelques lampées »

Histoire vraie vécue par mon père.
 

RenayRose

© Copyright 2016. Renay Brousseau, tous droits réservés.

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