L’hôtelière de mon village.

Sur la terre de mon père
Pas trop loin d’une petite rivière
En pension les gens s’y installèrent
C’était avant la guerre.

Quelques uns y entrèrent pour se reposer
Et d’autres en sortirent pour leur chemin continué
C’était un endroit paisible envahit par la tranquillité
Que seul parfois la radio pouvait se faire écouter.

Pour changer l’atmosphère
De mon petit village prospère
De vocation ils me changèrent
Et je suis devenue, hôtelière.

Les fins de semaine par la porte d’entré
À y venir pour échanger
Ou pour tout simplement y danser.
Après une dure semaine à travailler

Les samedis soirs toujours pleins à craquer
Ne pouvaient pas trop se maganer
Car demain à la messe y fallait y aller
et surtout s’y présenter tout endimanché.

Mes vêtements d’hôtelière
Souvent changés comme dans une pouponnière
Et que dire des atmosphères
À chacune de ses ères.

Qui évoluaient au gré du temps
Suivaient la mode de ses habitants
L’habit à la maison restant
Mais ici c’était toujours accueillant.

La vie ici était excitante
Et oui parfois entre-deux, des mésententes
Mais aussi des rencontres plaisantes
Durant cette période florissante.

Des enterrements de vie de garçons
Ou des rencontres sur mon grand balcon
Où la vie avait pignon
Surtout dans les chambres comme de raison.

Je continue de vieillir
Mais eux sans cesse à vouloir me rajeunir
Ils ont sur moi continué à investir
Sans jamais penser qu’un jour, je devrais partir.

les années incrustées dans ma charpente
car je sens l’air qui y entre
Mais que de belles images restantes
Surtout celles de la piste dansante.

Que ça soit du perron
Ou d’un des grands balcons
Ou d’une de ces fenêtres près des pignons
Je vous ai vu grandir depuis des générations

Témoin de milliers de murmures
Ou de secrets jamais sortis de mes murs
Dans mon âme toujours pure
Je les garderai, je vous le jure.

Sur les bases de mes fondations
Une autre construction
Ça ne sera plus, pour vous y amuser
Mais plutôt, pour vous reposer.

Dans la mémoire des plus vieux
Je resterai encore un peu
À se rappeler, qu’ici en ces lieux
J’aurai toujours de beaux souvenirs d’eux.

Sur le chemin près de la rivière
Seule comme une cavalière
Une dame avec de belles manières
Un instant me regarda moi, l’hôtelière.

Son chemin continuant
Mais en se questionnant
Qui j’étais auparavant
Moi, la dame toujours face au vent.

Un avis de recherche fut lancé
Pour connaître la vérité
Et un peu mon histoire du passé
Grâce à l’internet, elle a trouvé.

Qu’autour de 1930, à Ferme-neuve, j’étais née
Construite par Mr. Laroque avec un peu d’argent mit de côté
Je représentais toute sa fierté
Et des gens aussi, qui m’avaient adopté.

RenayRose

© Copyright 2016. Renay Brousseau, tous droits réservés.

Note: Photos archive de ferme-neuve et de Jocelyne Brousseau.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s